• Villa maritime

    C'est une normande veuve d'un richissime espagnol ayant fait fortune à Cuba, Madame de Aldecoa qui fait construire en 1890 cette somptueuse demeure imaginée par l'architecte Toutain. Elle la vend en 1896 à Georges Dufayel, le patron de grands magasins qui rêvait de transformer Le Havre en station mondaine capable de rivaliser avec Trouville.
    Autre célèbre propriétaire, l'écrivain et publicitaire Armand Salacrou ( la Marie-Rose, la mort parfumée des poux ...) qui l'acquiert en 1939.
    Occupée et dévastée durant la seconde guerre mondiale par l'armée allemande qui transforme son sous-sol en blockhaus, La Villa est miraculeusement épargnée par les bombardements de septembre 1944.
    Armand Salacrou ne revient s'y installer définitivement qu'en 1964. Il s'y éteint paisiblement à l'âge de 90 ans, le 25 novembre 1989.
    Abri providentiel pour les squatters et les pigeons dans les années qui suivirent la disparition d'Armand Salacrou, La Villa dont on pouvait craindre la ruine a été reprise et restaurée par le Groupe Partouche en 2001 pour devenir le haut lieu de la gastronomie havraise jusqu'en 2007.

    Madame de Aldecoa qui fait construire en 1890 cette villa

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    Georges Dufayel lui rachète  en 1896

    Villa maritime

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    Armand Salacrou l'achète en 1939

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    Armand Salacrou le 5 janvier 1948
    © Rue des Archives

     

    Villa maritime

    près une enfance au Havre, où il publie, à 16 ans, L' Éternelle chanson des gueux - il s'y indigne du décalage entre la misère du port et de la fortune des armateurs -, Armand Salacrou vient à Paris en 1917 suivre des études de médecine, de droit et de philosophie avant de devenir journaliste puis cinéaste. Mais il passe une bonne part de son temps à fréquenter les surréalistes, les théâtres et les peintres, guidé par ses amis d'enfance Georges Limbour et Jean Dubuffet. Il y débute une extraordinaire collection de tableaux et, surtout, commence à écrire des pièces de théâtre d'inspiration surréaliste qui ne connaissent guère le succès. Sa rencontre avec Charles Dullin lance sa prolifique carrière dramatique. C'est avec lui que Salacrou connaît ses plus grands succès : Une Femme libre (1934), L'Inconnue d'Arras (1935) — qui imposa une nouvelle approche du temps et de l'espace théâtral —, Un Homme comme les autres (1936), La Terre est ronde (1937) ou L'Archipel Lenoir (1947).

    Mises en scène et jouées par les plus grands - Les Nuits de la colère : compagnie Renaud-Barrault, puis Strehler (1945-46), Poof : Yves Robert (1950), André Reybaz : Boulevard Durand (à partir de 1961), Les Chardons : Michel Vitold, Comédie française (1964), -, ses pièces triomphent dans de nombreux pays. Homme de théâtre, Salacrou est également un préfacier et un essayiste remarquable, aux idées toujours d'actualité : Les Idées de la nuit, à Pied au-dessus des nuages, Vie et mort de Charles Dullin... Ses mémoires, Dans la salle des pas perdus, séduisent par leur franchise inhabituelle. Salacrou est également le dialoguiste de La Beauté du diable, filmé par René Clair. Il fut président de l'Académie Goncourt et de la S.A.C.D.

    Mélangeant habilement les tons, son théâtre dénonce les injustices sociales et s'indigne de l'absurdité angoissante de la mort. à l'écoute de la vie quotidienne, il demeure un témoignage privilégié d'un siècle mouvementé. Son incessant combat pour que les jeunes artistes trouvent un lieu et une écoute leur permettant de faire leurs preuves en est un prolongement.

    Thierry Firquet
    étudiant-chercheur université Nancy II

     

     

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